Le 18 janvier 2025, la finale de la CAN 2025 jouée à Rabat aurait dû être une fête du football africain. À la place, elle a déclenché une guerre médiatique qui a pris racine dès la nuit du match et qui, dans les jours qui ont suivi, a transformé un événement sportif en un conflit narratif entre capitales. Les images de joueurs sénégalais quittant puis regagnant le terrain, la décision arbitrale controversée impliquant l’assistance vidéo, et la gestion du public ont servi de catalyseur. Dès le 19 janvier 2025, plusieurs titres et chaînes d’Alger ont choisi un registre accusateur : « favoritisme », « manipulation », « corruption », autant de mots répétés jusqu’à former une logique de preuve sans enquête. Cette couverture a nourri une ruée médiatique qui n’était plus centrée sur les faits techniques du match, mais sur une mise en récit politique visant à délégitimer l’hôte. Ce déplacement du débat du terrain vers les plateaux télé et les éditoriaux a durablement modifié la perception de la compétition à l’échelle de l’Afrique. Insight : quand le récit dépasse le réel, le ballon cesse d’être le seul arbitre.
En bref — points clés
18/01/2025 : finale CAN 2025 à Rabat perturbée par un arrêt de match et des décisions arbitrales contestées.
19/01/2025 : montée en puissance d’une couverture algérienne accusatrice, transformant le débat.
Conséquence : le football a été instrumentalisé dans un conflit médiatique entre Alger et Rabat, avec des retombées diplomatiques et d’image.
Profil du rédacteur : Paul André, 39 ans, journaliste spécialisé dans le football africain et observateur des dynamiques médiatiques continentales. Style motivated, regard ancré dans l’histoire des compétitions et la géopolitique du sport.
Après la finale de la CAN 2025 à Rabat : comment la couverture algérienne a allumé la guerre médiatique
Dès le lendemain de la finale du 18 janvier 2025, la scène médiatique d’Alger a basculé. Des titres nationaux aux journaux télévisés, la narration a centré son discours sur la thèse d’une manipulation systémique du tournoi.
Les éditoriaux ont choisi un lexique politique — « Makhzen », « divine justice », « tournoi biaisé » — qui dépassait le simple commentaire sportif. Cette réorientation a transformé une controverse arbitrale en une charge politique ciblée. Insight : quand la rhétorique politique s’empare d’un match, chaque décision devient une preuve.

Raisons du basculement : de la frustration sportive à la construction d’un récit
La couverture hostile ne naît pas ex nihilo ; elle s’alimente d’antécédents : rivalités régionales, échecs sportifs, et une longue tradition de lectures postcoloniales des succès marocains. En période de tension, la réussite adverse se lit souvent comme un affront politique plutôt que comme un mérite sportif.
Le mécanisme est simple : un incident technique (ici une décision VAR) est amplifié, puis réinterprété selon une grille explicative préexistante. Le résultat est une ruée médiatique qui privilégie l’émotion à l’analyse. Insight : l’histoire fournit les munitions, la médiatisation les transforme en armes.
Conséquences concrètes : diplomatie, image et préparations pour l’avenir
Au-delà des plateaux, la dispute a eu des effets tangibles. Entre le 19 et le 25 janvier 2025, des échanges diplomatiques et des appels à l’apaisement ont été enregistrés, tandis que les fédérations et la CAF ont vu leur neutralité remise en question.
Sur le plan stratégique, la séquence met en lumière un besoin urgent pour le Maroc : mieux maîtriser son récit international afin d’éviter que l’excellence organisationnelle soit dénaturée par des narratifs adverses. Insight : maîtriser l’organisation sans maîtriser la narration, c’est perdre la moitié du combat.
Date |
Événement |
Effet |
|---|---|---|
18/01/2025 |
Finale CAN 2025 à Rabat : Sénégal bat Maroc après incidents |
Arrêt de match, décision VAR controversée, début des polémiques |
19/01/2025 |
Montée des titres d’Alger accusateurs |
Guerre médiatique et polarisation de l’opinion |
23/01/2025 |
Appels politiques au calme (Sénégal, Maroc) |
Tentative d’apaisement, débats diplomatiques |
Insight : un calendrier serré de faits publics crée un récit durable s’il n’est pas rapidement contrebalancé par une stratégie de communication crédible.

Récit et contre-récit : pourquoi le modèle médiatique marocain doit évoluer
Le choc de Rabat a révélé une faiblesse structurelle : l’excellence logistique et sportive n’est pas suffisante sans une capacité à porter la voix nationale sur le temps long. D’où l’idée d’un média pan-africain capable de raconter les réussites depuis l’Afrique elle-même.
Un tel projet viserait à contrer les narrations extérieures et à proposer des récits contextuels sur les victoires, les chantiers, et les incidents. Insight : la souveraineté narrative est devenue un élément aussi stratégique que les infrastructures sportives.
Leçon pour les acteurs du football en Afrique : arbitrage, communication et confiance
La séquence de Rabat montre que les controverses arbitrales peuvent être instrumentalisées rapidement. Pour les fédérations, l’enjeu est triple : transparence dans les décisions, gestion de crise, et construction d’un récit crédible.
En guise d’exemple concret, l’analyse des décisions litigieuses doit être accessible et pédagogique afin d’éviter les interprétations conspiratives. Pour aller plus loin sur les polémiques arbitrales contemporaines, lire l’analyse sur les penalties controversés et, pour des parallèles dans le football européen, consulter le dossier sur les décisions arbitrales récentes. Insight : la transparence informée fragilise les mythologies.